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Bordures de trottoir, autorisations, quotas minimaux de places de stationnement : ce qu'il faut savoir avant l'arrivée des robotaxis à Zurich

A Google subsidiary registered a Swiss company on 31 July. It has not applied to drive anywhere. The decisions that will determine whether driverless fleets work in Zurich are being taken elsewhere: in parking rules and kerbside permits.

Five questions Zurich must answer

1. Has anything actually been approved? No, not for Waymo. Waymo Switzerland GmbH was entered in the commercial register on 31 July 2026 (capital CHF 100,000, c/o Google Switzerland, Gustav-Gull-Platz 1). But as of 10 August, it had not applied to the federal roads office (ASTRA) for any pilot operation. The only approval in Zurich belongs to someone else: WeRide holds an ASTRA permit and is testing with safety drivers in the Furttal, and Uber intends to offer the first driverless rides in Zurich by the end of 2026. The company everyone is discussing is not the one that is operating.

2. Where are driverless vehicles allowed to drive? Since 1 March 2025, Swiss law permits three things: a motorway pilot, driverless parking on approved sites, and driverless vehicles on routes a canton has expressly designated and an operator supervises. There is no city-wide right to operate. Twenty-six cantons draw twenty-six maps. This is not a technology approval. It is a permission slip, issued street by street.

3. Who controls the kerb? A robotaxi does not need a parking space. It needs somewhere to stop repeatedly, all day, in exactly the places where space is scarcest. Cities do hold the instruments: traffic orders, taxi stands, permits for the special use of public land. But those instruments were built for vehicles that stand still for hours, not for vehicles that halt for ninety seconds and leave. Zurich had 30,452 blue-zone spaces in April 2025, down from 31,173 at the end of 2022. That is on the order of 38 hectares of public land. Whoever decides where a driverless vehicle may stop decides who can run a service at all.

4. Does Zurich still need the parking the 1996 rules require? Zurich’s parking ordinance dates from 11 December 1996. It still requires one space per 120 m² of residential floor area, with a minimum of 10 to 70 per cent depending on transit quality. Each underground space consumes 26 to 30 m² and costs CHF 35,000 to 42,000 to build. In well-connected Swiss municipalities, average vacancy already runs at 29 per cent; individual developments reach 68. Note what that means. The rule is already misfiring, with or without driverless fleets. Autonomous vehicles do not create this problem. They put a deadline on it.

5. Who carries the risk when nobody is driving? Swiss law keeps liability with the vehicle’s keeper, regardless of fault, and the mandatory driving-mode recorder decides who pays afterwards. The open question is who the keeper is when the fleet sits in a Swiss company, the software is written in California, and the service is delivered by a third party. That is precisely the structure Waymo’s registered purpose contemplates.

Five things that need to happen now

1. Designate a supervised pilot corridor and publish the criteria. Not a decision to deploy, but a decision to learn what supervision actually costs.

2. Price the kerb. Stopping space should be allocated by permit and tariff, like any other scarce public asset, before it is allocated by whoever arrives first.

3. Re-open the 1996 parking ordinance on its own merits. A rule that produces 29 per cent vacancy needs revision whether or not a single robotaxi ever reaches Zurich.

4. Settle the keeper question in the contract between fleet owner, software supplier and operator, before the first accident, not after it.

5. Keep the safety debate and the space debate apart. Whether these vehicles drive well is an engineering question. Who controls the ground they stop on is not. Both deserve honest answers. Arguing one as the other produces neither.

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Bordures de trottoir, autorisations, quotas minimaux de places de stationnement : ce qu'il faut savoir avant l'arrivée des robotaxis à Zurich
Le ciel devient une rue : ce qu'il faut savoir sur le statut juridique des taxis volants

La mobilité de demain ne se limite pas à la route, mais s'étend de plus en plus au ciel. Aux côtés des voitures autonomes, auxquelles nous avons déjà consacré un article distinct (voir « Qui est responsable lorsque la voiture roule toute seule ? »), les « Volocopters », ou taxis volants électriques, symbolisent la prochaine grande avancée en matière de mobilité urbaine.

Le fait que ce parcours ne soit pas sans embûches est apparu clairement fin 2024 : la société allemande Volocopter GmbH a déposé une demande d'ouverture d'une procédure d'insolvabilité auprès du tribunal d'instance de Karlsruhe, et ce dernier a ouvert la procédure d'insolvabilité comme demandé par décision du 1er mars 2025.[1]

Et pourtant, quelques mois plus tard seulement, l’entreprise s’est remise sur la voie de la certification sous une nouvelle direction et continue de faire avancer le processus de certification de son taxi volant VoloCity. Selon un communiqué daté du 28 mai 2026, des pilotes expérimentés, qui ne sont pas des pilotes d'essai, pilotent pour la première fois au monde un aéronef eVTOL sous supervision dans un environnement d'exploitation réel.[2] Nous partons donc du principe que les taxis volants, ou eVTOL, deviendront bientôt une réalité. La question décisive est la suivante : quel cadre juridique doit être mis en place avant que le premier taxi volant ne décolle ?

Ces taxis volent-ils vraiment tout seuls, ou y a-t-il quelqu'un aux commandes ?

Pas nécessairement de manière autonome. Volocopter développe des aéronefs à propulsion électrique capables de décoller et d’atterrir à la verticale, appelés « eVTOL » (aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux). Le modèle le plus connu, le VoloCity, est conçu comme un taxi aérien urbain et est initialement destiné à être exploité avec un pilote à bord ; l'utilisation autonome n'est prévue que dans une phase de développement ultérieure. Selon les déclarations de l'entreprise, celle-ci a déjà effectué plus de 2 000 vols d'essai réussis et travaille à l'obtention d'une certification de type délivrée par l'Agence européenne de la sécurité aérienne (« AESA »).[3]

Cette distinction est au cœur de l’analyse juridique. Un eVTOL piloté est, d’un point de vue juridique, plus proche de l’aviation classique avec équipage : il y a à bord une personne responsable, à laquelle s’appliquent des obligations, des exigences de qualification et des questions de responsabilité. Un appareil volant de manière autonome, en revanche, transfère la responsabilité de la personne dans le cockpit vers les constructeurs, les fournisseurs de logiciels et les exploitants. Quiconque évoque les taxis volants doit donc préciser clairement dans quel mode de fonctionnement ils évoluent, car les conséquences juridiques sont fondamentalement différentes.

Où ces avions atterrissent-ils réellement, et quelles en sont les implications juridiques ?

La viabilité d'un taxi volant dépend entièrement de l'infrastructure qui le soutient. Les eVTOL nécessitent leurs propres sites de décollage et d'atterrissage, appelés « vertiports ». Et c'est précisément là que commence un vaste enchevêtrement de questions juridiques, qui dépasse largement le cadre du droit aérien.

Quiconque souhaite construire un vertiport, par exemple sur un toit, dans un parking ou dans un terminal spécialement conçu à cet effet, se retrouve confronté à la législation en matière de construction et d’urbanisme. Parmi les questions à clarifier figurent notamment : les procédures d’obtention de permis de construire, la protection contre le bruit, les distances de sécurité, la protection contre les incendies, le contrôle d’accès et l’intégration dans les bâtiments existants. À cela s’ajoutent des questions d’aménagement du territoire et de droits de voisinage : toute personne intentant une action en justice pour cause de bruit, d’ombrage ou de problèmes de sécurité peut retarder considérablement un projet. L’utilisation des toitures soulève également des questions relevant du droit immobilier et du droit des baux. En bref : avant que le premier taxi volant n’atterrisse, tout doit être réglé sur le plan juridique au sol.

Quelles sont les règles applicables et quelles autorisations sont nécessaires ?

En Europe, l’AESA est l’autorité centrale compétente en matière d’eVTOL. Ces aéronefs ne pouvant être clairement classés ni comme avion ni comme hélicoptère, l’AESA a établi ses propres exigences techniques : la « Condition spéciale pour les VTOL » (« SC-VTOL »), publiée pour la première fois en juillet 2019.[4] Cette condition spéciale définit les normes de navigabilité selon lesquelles un certificat de type est délivré pour un aéronef VTOL de petite catégorie destiné au transport de passagers. Son champ d’application couvre les aéronefs disposant d’un maximum de neuf sièges et d’une masse maximale au décollage de 3 175 kg.

Pour obtenir un tel certificat de type, le constructeur doit démontrer de manière exhaustive que son aéronef est sûr, en couvrant tous les aspects, depuis la redondance des systèmes critiques, des commandes, de l’alimentation électrique et des logiciels, jusqu’aux limites d’exploitation et aux scénarios de défaillance. Mais cela ne suffit pas : le transport commercial de passagers nécessite en outre des agréments d’exploitation. Et dès qu’un taxi volant franchit les frontières, des questions se posent concernant la reconnaissance mutuelle, l’agrément des exploitants et la surveillance réglementaire.

En Suisse, l’Office fédéral de l’aviation civile (« OFAC ») est l’autorité de surveillance centrale. Dans le secteur de l’aviation, la Suisse reprend en grande partie les règles européennes et est étroitement intégrée au droit aérien européen par le biais de l’accord bilatéral sur le transport aérien. En ce qui concerne les aéronefs sans pilote, il existe déjà aujourd’hui des catégories échelonnées et des exigences en matière d’autorisation, tout comme le concept d’espaces aériens « U-space »[5]. L’OFAC définit ces derniers comme des zones désignées au sein de l’espace aérien suisse dans lesquelles des services numériques facilitent l’exploitation en toute sécurité des drones. Ces éléments constitutifs constituent le socle sur lequel reposera à l’avenir l’exploitation des taxis volants pilotés.

À qui appartiennent réellement les données générées par un taxi volant ?

Un eVTOL moderne est un générateur de données volantes. Chaque vol produit des informations hautement sensibles : données relatives à l'itinéraire et à la localisation du vol, données sur les passagers, données issues des capteurs, des caméras ou du LiDAR, ainsi que des données sur l'état technique et la maintenance, sans oublier les journaux d'urgence et d'incidents.

La question apparemment simple de savoir « à qui appartiennent ces données ? » est juridiquement complexe. En effet, des intérêts contradictoires s’affrontent souvent autour d’un même ensemble de données : l’opérateur souhaite les utiliser pour la gestion de sa flotte, le constructeur pour l’amélioration de ses produits, les assureurs pour l’évaluation des risques, les autorités pour les enquêtes sur les accidents, tandis que le passager a droit à la protection de ses données à caractère personnel. Il convient donc de clarifier, tant sur le plan contractuel qu’au regard de la législation sur la protection des données, les points suivants : qui est autorisé à collecter, stocker, analyser et partager quelles données ? Qui est responsable de leur sécurité ? Et comment les données à caractère personnel sont-elles protégées lorsque les profils de déplacement sont enregistrés sans interruption ? Quiconque ne traite pas ces questions dès le début s’expose à des litiges précisément au moment où les données ont le plus de valeur ou sont les plus sensibles.

Et si un problème survient, qui est responsable ?

C'est la question qui plane sur tout : qui est responsable en cas d'accident d'un eVTOL ? Sur le plan juridique, cette question reste largement en suspens, ce qui rend d'autant plus important d'y réfléchir à l'avance.

Plusieurs types de responsabilité, se recoupant en partie, sont envisageables : la responsabilité de l’exploitant envers les passagers ainsi qu’envers les tiers au sol ; la responsabilité du fabricant en matière de produits ; la responsabilité liée aux erreurs de maintenance, aux défaillances logicielles ou des capteurs, et aux cyberattaques. À cela s’ajoute la question épineuse des recours entre assureurs, exploitants, fabricants et fournisseurs, c’est-à-dire la question de savoir qui supporte en dernier ressort la charge économique du préjudice au bout de la chaîne. Parallèlement, la couverture d’assurance et les éventuelles procédures d’indemnisation doivent être soigneusement définies. C’est précisément parce que de nombreuses parties sont impliquées dans un seul vol que la répartition contractuelle des risques, établie à l’avance, détermine si, en cas de sinistre, la situation sera claire ou si elle donnera lieu à des années de litige.

Les Volocopters sont-ils actuellement autorisés à survoler les routes en Suisse ?

En principe, oui ; toutefois, ce n'est pas encore le cas dans le cadre d'une exploitation commerciale régulière. Un Volocopter ne peut être exploité en Suisse que si l'aéronef et l'exploitant sont certifiés, si l'itinéraire spécifique est approuvé et si les infrastructures de décollage et d'atterrissage sont autorisées. Le cadre juridique européen régissant les aéronefs eVTOL pilotés existe en principe ; toutefois, sa mise en œuvre concrète en Suisse, notamment en ce qui concerne les vertiports, l’intégration dans l’espace aérien et les procédures d’autorisation, n’est pas encore pleinement établie.

Au niveau international, les choses sont allées plus loin : la Chine a déjà délivré les premières autorisations pour des services commerciaux de transport de passagers par eVTOL [6], tandis que les États-Unis ont mis en place des cadres réglementaires spécifiques pour les aéronefs à « décollage et atterrissage verticaux » (VTOL) [7].

Le législateur suisse doit donc mettre en place des procédures d’autorisation claires et rapides, coordonner les responsabilités entre la Confédération, les cantons et les communes, ancrer les vertiports dans la loi et réglementer l’intégration des eVTOL dans l’espace aérien existant. Parallèlement, il est nécessaire de définir des exigences proportionnées en matière de sécurité, de bruit, de responsabilité et d’infrastructures. L’objectif doit être de mettre en place un cadre juridique fiable et propice à l’innovation, qui permette le développement de nouveaux concepts de mobilité aérienne sans pour autant abaisser les normes de sécurité.

Conclusion

L'avenir de la mobilité aérienne est techniquement à portée de main, mais d'un point de vue juridique, la situation est tout sauf simple. Entre la certification de type, les autorisations relatives aux vertiports, la souveraineté des données et la répartition des responsabilités, il existe une interaction complexe entre le droit aérien, le droit de la construction, la protection des données et le droit de la responsabilité civile. L'affaire Volocopter montre également que même les pionniers technologiques dépendent de structures juridiques et économiques viables.

Toute personne souhaitant utiliser, exploiter, assurer ou évaluer sur le plan juridique la mobilité aérienne doit clarifier dès le début les questions relatives aux autorisations, à la responsabilité, à l'accès aux données et à la répartition contractuelle des risques, avant même que le premier taxi volant ne décolle. LINDEMANNLAW dispose de connaissances approfondies, d’une longue expérience et d’une expertise éprouvée précisément dans ces domaines, et est le partenaire idéal si vous souhaitez instaurer une sécurité juridique dans le domaine de la mobilité aérienne.

[1] Ouverture d'une procédure d'insolvabilité à l'encontre de Volocopter GmbH – Tribunal d'instance de Karlsruhe

[2] Les pilotes de l’ADAC Luftrettung pilotent pour la première fois le VoloCity à l’aide de la station au sol SimX

[3]VoloCity

[4]Condition particulière relative aux aéronefs à décollage et atterrissage verticaux (VTOL) et moyens de mise en conformité | AESA

[5]bazl.admin.ch/de/dlis-de

[6] Délivrance de la première série de certificats nationaux d'exploitation d'aéronefs sans pilote à usage civil destinés aux particuliers – Actualités du ministère, site web du gouvernement chinois

[7] Federal Register :: Intégration des systèmes de levage motorisés : certification et exploitation des pilotes ; modifications diverses relatives aux giravions et aux avions

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Procédures d'octroi des permis de construire en Suisse : pourquoi moins de règles signifie plus de logements


Il y a plus d’une décennie, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) estimait les coûts réglementaires liés à la seule construction de bâtiments à environ 1,6 milliard de francs suisses par an, soit près de 6 % du volume de construction[1], et la densité de la réglementation n’a cessé de croître depuis. Pourtant, un réflexe de facilité s’est installé : c’est à Berne de résoudre le problème, et des procédures plus rapides suffiraient. Ces deux hypothèses sont erronées. Quiconque lit le rapport du Conseil fédéral du 2 avril 2026 sur l’accélération des procédures en matière d’aménagement du territoire et de droit de la construction[2] s’en rendra compte : en vertu de la Constitution, la Confédération ne peut apporter qu’une partie de la solution, et même dans les domaines où elle est compétente, une simple accélération ne permet guère de s’attaquer à la cause profonde du problème.

  1. Who is responsible for building permit procedures and construction law in Switzerland?

En vertu de l'article 75, alinéa 1, de la Constitution fédérale (Cst.), la Confédération est habilitée à fixer des principes en matière d'aménagement du territoire. La mise en œuvre incombe aux cantons, et le droit de la construction relève pour l'essentiel de la compétence cantonale. La Confédération réglemente ce qui revêt une importance nationale et doit laisser aux cantons la plus grande latitude possible dans la mise en œuvre, conformément à leur souveraineté procédurale et à leur autonomie organisationnelle (article 46, alinéa 3, et article 47 Cst.)[3]. Toute mesure visant à accélérer les procédures doit être évaluée à l’aune de cette répartition des compétences.


  1. Which acceleration measures has the Federal Council examined, and why does it reject most of them?

Le rapport du Conseil fédéral examine minutieusement les propositions les plus évidentes, allant de la mise à la charge des opposants déboutés des frais engagés à l’approbation automatique à l’expiration d’un délai. Pour la plupart d’entre elles, il conclut qu’elles empiéteraient sur la souveraineté cantonale en matière de procédure ou porteraient atteinte à des droits fondamentaux tels que le droit d’être entendu (article 29, alinéa 2, de la Constitution) et les garanties procédurales des voisins. Il ne s’agit pas là d’une retenue dictée par des considérations de commodité, mais de la conséquence logique de la répartition constitutionnelle des compétences.

« Dans ce domaine, la Confédération ne peut faire que ce que la Constitution lui permet de faire : ni plus, ni moins. »
  1. What can the Confederation actually deliver?

Il reste donc trois ou quatre mesures pour lesquelles la Confédération dispose d’une compétence réelle : déclarer la construction de logements comme une question d’intérêt national, restreindre le droit de recours et limiter les motifs de recours devant le Tribunal fédéral. Il s’agit là de leviers importants mais intrinsèquement limités : ils concernent les procédures devant le Tribunal fédéral, dernière instance parmi plusieurs autres, et pas nécessairement celle où les retards les plus importants se produisent. Le cas des Seebahn-Höfe à Zurich illustre bien ce point : les coopératives d’habitation ABZ et BEP planifient depuis une vingtaine d’années la rénovation de leurs lotissements datant de la fin des années 1920 : 350 nouveaux appartements coopératifs, pouvant accueillir 1 000 résidents au lieu des 500 actuels.[4] Après des années de débats sur la protection du patrimoine et la procédure relative au plan d’aménagement, le projet a ensuite fait l’objet d’un référendum populaire en novembre 2025.[5] Ces retards échappent à ce que la Confédération peut réglementer : le problème n’a jamais résidé dans la procédure seule, mais dans le volume considérable de questions de fond qu’il fallait résoudre.

  1. Why does the body of rules keep growing regardless?

Deux exemples officiels récents illustrent la rapidité avec laquelle la réglementation s'étoffe : l'ordonnance spéciale sur les constructions I du canton de Zurich a été élargie d'environ un tiers lors de la révision de la loi sur l'énergie de 2022[6], et la dernière révision de la loi sur l'aménagement du territoire allonge les articles révisés dans un ordre de grandeur similaire.[7] À cela s’ajoute l’effet cumulatif des législations en matière d’environnement, de protection contre le bruit, de protection du patrimoine, de climat et d’énergie à tous les niveaux – fédéral, cantonal et communal –, chacune étant renforcée indépendamment des autres et se chevauchant dans la pratique. Oliver Streiff, professeur de droit public à l’Université des sciences appliquées de Zurich (ZHAW), décrit cette superposition de règles issues de différents domaines du droit comme le problème central de l’aménagement du territoire et du droit de la construction actuels.[8] Cela correspond à l’expérience pratique : aujourd’hui, une demande de permis de construire passe par l’autorité compétente en matière de construction ainsi que par les services chargés de l’énergie, du bruit, de la protection des eaux et des transports ; chacun applique sa propre législation spécialisée, et chaque série de demandes complémentaires prolonge la procédure, quel que soit le degré de numérisation du formulaire ou l’ampleur des restrictions imposées par Berne quant à la qualité pour recourir. Chaque révision est justifiée en soi ; prises dans leur ensemble, elles produisent un ensemble de règles dont aucun promoteur ne peut plus avoir la maîtrise, et qu’une procédure plus rapide ne parvient pas à alléger.

« Des règles plus complexes ne permettent pas de construire de meilleurs bâtiments. Elles entraînent des coûts plus élevés pour l'État, les autorités et les promoteurs immobiliers, et elles font obstacle à la construction de logements dont la Suisse a un besoin urgent. »
  1. What would actually help against the housing shortage?

Hans Wicki, président de l’organisation faîtière du secteur de la construction Bauenschweiz, résume la situation en quelques mots : un véritable allègement ne pourrait venir que d’une réduction substantielle des règles à tous les niveaux et dans tous les domaines de spécialité, et non pas uniquement en matière de droit procédural, ni uniquement à Berne. Le canton de Zoug expérimente précisément cette voie avec ses « zones blanches » : des zones à bâtir dans lesquelles pratiquement toutes les règles d’urbanisme habituelles seraient suspendues : pas de distances minimales, pas de limites de hauteur, seules les normes relatives à la sécurité restant en vigueur.[9] Jean-François Steiert, président de la Conférence suisse des directeurs cantonaux des travaux publics, de l’aménagement du territoire et de la protection de l’environnement (BPUK), ajoute : les cantons doivent réapprendre à penser sans se laisser contraindre par les normes. C’est le bon levier, mais il est délicat sur le plan juridique : quiconque supprime des règles doit clarifier qui est responsable si un problème survient en l’absence de distances par rapport aux limites de propriété, car la responsabilité objective du propriétaire d’un ouvrage au titre de l’article 58 du Code des obligations (CO) ne disparaît pas automatiquement avec celles-ci.[10] Il s’agit là d’un travail minutieux qui incombe aux juristes cantonaux, et non au Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC).

Dans le même temps, l’activité dans le secteur de la construction est en baisse : alors qu’un peu plus de 53 000 nouveaux appartements ont été mis sur le marché en 2018, le chiffre le plus récent s’élève à environ 43 000 ; la demande s’élevant à environ 50 000 logements par an, ce qui se traduit par un déficit de 7 000 à 10 000 appartements, année après année.[11] Le point décisif est un constat qui se perd dans le débat sur la rapidité : la complexité des règles ne conduit pas à de meilleurs résultats. Elle entraîne une intervention accrue de l’État, des coûts plus élevés pour les services de l’urbanisme, qui doivent faire face à une charge de travail toujours croissante en matière d’examen des dossiers, ainsi que des coûts plus élevés pour les promoteurs immobiliers, qui en assument en fin de compte le financement. Surtout, elle empêche la réalisation de projets dont le besoin se fait urgemment sentir : en premier lieu, de nouveaux logements, ce qui revêt une importance capitale pour la Suisse. La Confédération peut s’appuyer sur son cadre constitutionnel et apporte ainsi une contribution importante, bien que limitée. Mais la véritable réduction des règles ne peut être réalisée que conjointement par la Confédération et les cantons, chacun dans son domaine de compétence. On ne construira à nouveau davantage que lorsqu’un projet de construction devra satisfaire à moins de règles, et non pas simplement aux mêmes règles plus rapidement.

Alexander Schiemenz, docteur en droit, est associé fondateur du cabinet LINDEMANNLAW ; il est avocat, conseiller fiscal, promoteur immobilier et investisseur.

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Lire l'article complet sur Finanz und Wirtschaft (FuW) : Frénésie réglementaire : l'accélération des procédures de construction ne résoudra pas la pénurie de logements

Sources :

[1] Secrétariat d'État à l'économie (SECO), Rapport sur les coûts de la réglementation (Report on Regulatory Costs), décembre 2013 (année de référence 2011) ; cf. Kuster/Plaz/Curschellas, « Coûts de la réglementation dans le domaine du droit de la construction », La Vie économique 1/2014 : « Les coûts de la réglementation dans le secteur du bâtiment s’élèvent, pour l’économie suisse, à environ 1,6 milliard de francs au total pour l’année 2011 étudiée, soit un peu moins de 6 % du volume de construction examiné. »

[2] Conseil fédéral suisse, rapport intitulé «Accélération des procédures en matière d'aménagement du territoire et de droit de la construction» du 2 avril 2026 (adopté par le Conseil fédéral le 22 avril 2026)

[3] Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. ; RS 101).

[4] Coopératives d'habitation de Zurich (association des coopératives d'habitation de Zurich), «Oui au plan d'aménagement “Seebahn-Höfe”»

[5] Ville de Zurich, communiqué de presse « Référendum populaire contre le plan d'aménagement privé « Seebahn-Höfe » validé » de juillet 2025 (sur la base de la résolution du conseil municipal n° 2024/419 du 9 avril 2025 ; vote populaire du 30 novembre 2025)

[6] Ordonnance spéciale I sur la construction du canton de Zurich (BBV I ; LS 700.21)

[7] Modification de la loi sur l'aménagement du territoire du 29 septembre 2023 (BBl 2023 2488), entrant en vigueur par étapes à partir de 2026

[8] Cette citation et les suivantes, tirées des propos de Hans Wicki et Jean-François Steiert, sont tirées de : Andreas Valda, « Des normes de construction excessives étouffent la construction de logements », Bilanz du 6 juillet 2026

[9] « Canton de Zoug : presque sans règles — des zones blanches pour lutter contre la pénurie de logements », 20 Minuten du 7 avril 2026

[10] Loi fédérale du 30 mars 1911 portant modification du Code civil suisse (cinquième partie : Code des obligations) (CO ; RS 220).

[11] Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR), « Plan d'action contre la pénurie de logements », table ronde du 13 février 2024, p. 5

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On 1 April 2026, Switzerland's Acceleration Decree came largely into force, shortening permitting and appeal procedures for large solar, wind and hydropower installations of national interest. Eleven weeks later, on 19 June, Parliament lifted the fifteen-year ban on new nuclear plants, and left the licensing architecture for those plants exactly where it was, adding one new condition at the entrance. Demand is heading from roughly 60 terawatt-hours today toward 68 to 81 by 2050. The country now runs two permitting regimes for the same grid: a fast lane for renewables, and for nuclear the old road, with a new toll booth at the start of it.

We have made this argument in two parts already: in June, that the winter supply gap makes this a sovereignty question rather than an energy-policy preference; in July, that Parliament legalised the plant while refusing the financing that would make it bankable. This is the third part, and the one nobody is debating: the procedure.

1. What does the nuclear licensing procedure actually require today?

Three stages, in a fixed order. The first is the framework licence, the Rahmenbewilligung, granted by the Federal Council under Art. 12 para. 1 of the Nuclear Energy Act (KEG), submitted to the Federal Assembly for approval, and subject to the optional referendum (Art. 48 paras. 1, 2 and 4 KEG). The Assembly is not a rubber stamp in one direction only: if the Council refuses and the Assembly declines to endorse that refusal, it instructs the Council to grant the licence (Art. 48 para. 3).

Only then come the construction and operating licences, both granted by the federal department (Art. 15 and 19 KEG). The construction licence presupposes a legally final framework licence and a project that complies with it (Art. 16 para. 2). These stages run under the Administrative Procedure Act; no cantonal permits are required, and the host canton is heard and may appeal if the department licenses over its objection (Art. 49 paras. 1, 3 and 4).

What Parliament changed in June was the prohibition, not the architecture. The two ban provisions were deleted, together with the cross-reference to them in Art. 12 para. 1, and a condition was added that a framework licence may be granted only where construction and operation are financially secured. The legislator declined to write a ban on federal participation into the law, and has not designed one either. The sequence a sponsor must fund is unchanged, and it now carries an additional hurdle placed before the first stage rather than after it.

2. Why is the first stage the most expensive risk?

Because duration and risk are not the same cost. Duration is a financing problem: more interest capitalised before the first franc of revenue. Painful, but calculable. Risk is an equity problem: the possibility that money already spent produces nothing at all, priced not in basis points but in the return an investor demands before committing anything.

Swiss nuclear licensing concentrates that second cost at precisely the wrong place, and it does so in the statute rather than in practice. Art. 12 para. 2 KEG provides that there is no legal entitlement to a framework licence. The Federal Office of Energy spells out the consequence in its own materials: a refusal must be accepted by the applicant without compensation. Set that beside the condition Parliament has now added, and the sequence reads as follows.

Secure the financing first, for a licence the law says you have no right to, and whose refusal costs the state nothing.

That is not a drafting oversight; it is a genuine circularity, and the most expensive single feature of the Swiss framework. A financing structure must be demonstrated in advance of a decision that is political in character, that no applicant can compel, and whose failure the applicant bears alone. Andreas Pautz, professor of nuclear engineering at EPFL and head of nuclear energy and safety research at the Paul Scherrer Institute, made the same point in the NZZ on 10 August: the dominant risks are planning risks, meaning objections and adverse popular votes, and investors will demand a premium for them.

The asymmetry runs through the timing too. The framework licence sets a deadline for filing the construction application and lapses if it is missed (Art. 14 para. 3 and Art. 68 para. 2 KEG). The clock runs against the sponsor; no comparable clock runs against the authorities.

3. What would dropping the framework licence cost in law?

Pautz proposes waiving it at the existing sites of Gösgen and Leibstadt: Western reactor designs are licensable in Switzerland in principle, those sites have demonstrated their suitability, and a two-stage procedure would, he argues, not offend Swiss democratic principles since the construction and operating licences remain. On the substance that is defensible; the technical assessment sits in those later stages.

But the stage is not only a technical filter. It is where the optional referendum sits (Art. 48 para. 4) and where participation is concentrated: application, expert opinions and cantonal positions lie open for three months, anyone may file objections, and parties may lodge formal opposition (Art. 45 and 46 KEG). Delete the stage and you delete a federal referendum right and the principal participation window with it. That engages the guarantee of access to a court under Art. 29a of the Federal Constitution and pushes objections downstream rather than removing them.

For capital, the consequence is counter-intuitive and decisive. Political risk does not disappear when the vote is removed; it relocates: to the construction licence, where the host canton keeps its own appeal right, and to a fresh popular initiative aimed at the outcome. A procedure that removes the ballot without putting finality in its place buys a few years and sells the certainty that made those years worth buying. That is our one departure from an otherwise sound analysis: keep the stage, and make the framework around it bankable.

4. What is actually missing, then?

Less than the acceleration rhetoric suggests, and something more specific. Two of the elements usually demanded already exist: preclusion, since whoever does not file opposition within the inspection period in the construction-licence procedure is excluded from the remainder of the proceedings (Art. 55 para. 1 KEG), and binding effect downward, since the construction licence requires a legally final framework licence and compliance with it (Art. 16 para. 2).

What is missing is narrower and more expensive. First, deadlines that bind the authorities, of the kind the Acceleration Decree now applies to large renewables projects: technology neutrality is not only about what may be built, but about how long the state may take to answer. Second, a rule on frustrated expenditure, since Art. 12 para. 2 places the entire loss of a failed framework procedure on the applicant, a defensible allocation when nobody was expected to apply and an expensive one now that Parliament wants applications. Third, sequencing: requiring proof of secured financing before a political decision no one can compel inverts the order in which infrastructure is actually financed. Fourth, an instrument rather than an unused option: a contract for difference, squared against the Electricity Supply Act, the Energy Act and the 2024 electricity package, treated openly as state aid, and negotiated with the Swiss–EU electricity file in view rather than around it. Pautz points to the same instrument, and to the Swedish combination of low-interest state loans and state co-ownership. Build cost per kilowatt matters, but next to these it is second order.

5. What has to be on the table before the vote?

The calendar is tighter than it looks. The Federal Chancellery reserves 28 February 2027 as the first federal voting date of that year, and the Federal Council settles at least four months beforehand which items actually go to the ballot. The substantive decisions therefore have to be visible this autumn, not in the new year: which risk-transfer instrument the Confederation contemplates; who absorbs construction-cost overrun; what becomes of sunk pre-development cost when a stage fails; and how the long tail is funded, meaning nuclear liability and the decommissioning and waste-disposal funds under Art. 77 KEG, bearing in mind that waste from any new plant would need its own framework licensing procedure for a repository.

On that last point the law is more revealing than the political debate. Art. 80 para. 4 KEG provides that where covering a shortfall is not economically bearable for those subject to the top-up obligation, the Federal Assembly decides whether and to what extent the Confederation contributes to the uncovered costs. The state already stands behind the back end of the nuclear balance sheet.

The other side of the argument

The alliance that launched the referendum on 30 June argues that new plants would deepen Switzerland's dependence on uranium imports from Russia, slow the expansion of renewables, and cost billions. Those objections deserve answers rather than dismissal.

Two are answerable. Dependence is not avoided by choosing renewables but relocated, to Chinese solar manufacturing and to the rare earths wind turbines require, as Pautz notes. And uranium can be stockpiled in a way gas cannot, from a supplier base running from Australia and Canada to Namibia and Kazakhstan. Cost is a reason to structure financing intelligently, not to rule out a technology. The third objection is the strongest: neither the financing architecture nor the procedural reform is on the ballot. On that we agree, and draw the opposite conclusion. A vote on an incomplete framework is an argument for completing the framework before the vote, not for rejecting the option and discovering in the winters after 2035 that the alternative was permanent import dependence.

Our view

Our position has not moved: Switzerland needs new nuclear. A firm domestic baseload on the order of 25 to 30 terawatt-hours, roughly today's nuclear share carried into a larger system, is what energy sovereignty actually looks like, and the designs that would supply it, including the small modular units now approaching deployment, are markedly safer than the plants they would replace. Pautz puts that comparison more sharply than we would: «Zehn weitere Jahre Betrieb von Altanlagen sind riskanter als ein neues AKW.»

Switzerland has built a fast lane for one set of technologies and left another on a road it has not resurfaced since 2003. The asymmetry inside the nuclear regime is sharper still: the Confederation has left the risk at the front of a project uncarried, where it is cheap, calculable and would move the financing cost that decides everything else, while the law already has it carrying residual risk at the back, where it is open-ended.

In July we wrote that permission without financing is symbolism rather than location policy. The same is true of permission without procedure. The correction is not to demolish a licensing stage and call it acceleration. It is to bind the authorities to deadlines as the law now binds the applicant, to say what happens to frustrated expenditure when a stage fails, to sequence the financing condition so that it follows the political decision instead of preceding it, and to legislate an instrument an investor can underwrite. Permission that cannot be relied upon is not an investment framework. Switzerland has one autumn to turn one into the other.

Dr. iur. Alexander Schiemenz is a co-founder of TND Universe, which creates, invests in and delivers real estate, mobility and energy solutions across their full lifecycle. If you are assessing an energy infrastructure position ahead of the vote, we advise on permitting risk, financing structure and the legal architecture that decides whether a permitted project is a bankable one.

Sources

1. Nuclear Energy Act (KEG), SR 732.1, consolidated text. Fedlex: https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2004/723/de

2. Acceleration Decree for renewable energies, in force 1 April 2026. Federal Office for Spatial Development (ARE): https://www.are.admin.ch/de/beschleunigungserlass-erneuerbare-energien

3. Indirect counter-proposal to the "Blackout stoppen" initiative, explanatory report (provisions deleted; no compensation on refusal; separate licensing procedure for a repository). SFOE/DETEC: https://www.newsd.admin.ch/newsd/message/attachments/91232.pdf

4. Federal Council message of 13 August 2025 on the indirect counter-proposal. admin.ch: https://www.admin.ch/de/newnsb/GIECKzWVs6ZX6W1ba4i6X

5. UREK-S of 20 January 2026, recommendation to lift the framework-licence ban. Parliamentary Services: https://www.parlament.ch/press-releases/Pages/mm-urek-s-2026-01-20.aspx?lang=1031

6. Council of States decision of 11 March 2026, financing condition. Parliamentary Services: https://www.parlament.ch/de/services/news/Seiten/2026/20260311124425486194158159026_bsd112.aspx

7. Launch of the referendum on 30 June 2026 and the alliance's arguments. Federal Chancellery media announcement: https://www.admin.ch/de/medienkonferenz-nein-zu-neuen-akw-lancierung-des-referendums-gegen-das-atom-gesetz

8. Reserved federal voting dates; Federal Council fixes the agenda at least four months in advance. Federal Chancellery: https://www.bk.admin.ch/ch/d/pore/va/vab_1_3_3_1.html

9. Interview with Andreas Pautz (EPFL / Paul Scherrer Institute), Neue Zürcher Zeitung, 10 August 2026

10. TND Universe, "A Permit Is Not a Power Plant" (13 July 2026): /news/a-permit-is-not-a-power-plant-switzerlands-half-decision-on-new-nuclear

11. TND Universe, "Sovereignty, supply gaps, SMRs" (11 June 2026): /news/five-five-sovereignty-supply-gaps-smrs-what-needs-to-be-understood-before-switzerland-decides-on-nuclear

Actualités
Deux régimes d'autorisation, un seul réseau : pourquoi les autorisations nucléaires suisses déterminent le coût
Qui est responsable lorsque la voiture roule toute seule ?

La voiture autonome n’est plus de la science-fiction : elle circule déjà sur les routes suisses. Depuis le 1er mars 2025, la Suisse dispose, grâce à l’ordonnance sur la conduite automatisée (VAF)[1], d’un cadre juridique clair qui autorise pour la première fois expressément les pilotes d’autoroute, les véhicules sans conducteur et le stationnement automatisé. Pour une fois, le législateur a même devancé l’industrie ; alors que le cadre juridique est en place, il n’existe actuellement sur le marché aucun véhicule de série doté d’un système d’automatisation homologué.

La réglementation évolue rapidement, non seulement en Suisse, mais aussi à l'échelle mondiale. Les directives de l'UE, les règlements de l'UE et les règlements de la CEE-ONU s'imposent également à la Suisse. Ces exigences internationales garantissent l'harmonisation technique des véhicules routiers et favorisent la sécurité routière, la protection de l'environnement et la libre circulation des marchandises.

Photo by Aamy Dugiere on Unsplash

Les ensembles de règles suivants revêtent une importance particulière pour la conduite automatisée :

  1. Regulation (EU) 2022/1426[1] (in conjunction with Regulation (EU) 2019/2144[2] and Delegated Regulation (EU) 2022/2236[3]) on the type-approval of the automated driving system (ADS) of fully automated vehicles;
  2. the UNECE Regulations on cybersecurity (No. 155)[4], software updates (No. 156)[5], automated lane-keeping systems (No. 157)[6] and driver assistance systems (No. 171)[7]; and
  3. the Vienna Convention of 8 November 1968 on Road Traffic (SR 0.741.10)[8], in particular on the question of whether a driver must be present.

Pour les entreprises, les investisseurs, les gestionnaires de flottes et les prestataires de services de mobilité, ce nouveau cadre juridique ouvre des perspectives considérables, mais soulève également des questions juridiques complexes. Nous répondons ci-dessous à cinq d'entre elles.

À partir de quand une voiture roule-t-elle réellement « toute seule » ?

Tous les véhicules équipés d'un système d'aide à la conduite ne sont pas nécessairement des véhicules automatisés. La norme internationale SAE J3016 distingue six niveaux d'automatisation, du niveau 0 au niveau 5 :

Source: SAE International, Standard J3016. Illustration: TND Universe.

La conduite automatisée ne commence qu’au niveau 3 : il s’agit de véhicules capables de prendre en charge les tâches de conduite de manière permanente et complète, du moins dans certaines conditions. Seul le niveau le plus élevé, le niveau 5, est véritablement « autonome » au sens littéral du terme ; les systèmes actuels atteignent techniquement au maximum le niveau 3.

En Suisse, trois cas d'utilisation spécifiques sont autorisés depuis mars 2025 :

1. le pilote d'autoroute : les conducteurs peuvent lâcher le volant sur les autoroutes, mais doivent être en mesure de reprendre le contrôle à tout moment lorsque le système leur en donne l'instruction ;

2. le stationnement automatisé sans conducteur à bord dans les parkings signalés à cet effet ; et

3. la circulation de véhicules sans conducteur sur des itinéraires approuvés par les autorités.

Quelles sont les autorisations et les exigences techniques requises ?

Pour être homologués, les véhicules équipés d’un système d’automatisation doivent satisfaire à des exigences particulières allant au-delà des exigences générales. Conformément aux exigences générales énoncées à l’article 3 de l’ordonnance sur la circulation routière (VAF), le système doit guider le véhicule dans les directions longitudinale et latérale, pouvoir être désactivé de manière intuitive à tout moment, disposer de fonctions de prévention des accidents ainsi que de mesures de protection contre toute ingérence illicite de tiers, et maîtriser tous les scénarios de circulation conformément aux règles internationales reconnues. Pendant son fonctionnement, le système doit prendre en charge la conduite du véhicule de manière continue, complète et fiable, respecter toutes les règles de circulation applicables, détecter les dysfonctionnements techniques et signaler la nécessité d’une intervention humaine avec une marge de temps suffisante (art. 3, al. 2 et 3, VAF).

La mémoire des modes de conduite revêt une importance capitale (art. 7 du VAF) : les véhicules automatisés doivent enregistrer certains événements (tels que les manœuvres d’urgence, les collisions ou les dysfonctionnements techniques), ainsi que des éléments de données tels que le type d’événement, l’horodatage et la position. En outre, pendant toute la durée de vie du véhicule, les constructeurs doivent détenir des certificats valides délivrés par une autorité nationale d’homologation pour les systèmes de gestion de la cybersécurité (Règlement n° 155 des Nations unies), les mises à jour logicielles (Règlement n° 156 des Nations unies) et la sécurité des véhicules sans conducteur au titre du règlement (UE) 2022/1426 (art. 8 du VAF).

L’approche de la Suisse en matière d’homologation mérite d’être soulignée (art. 11 et suivants de l’OACV) : la Suisse s’abstient actuellement d’adopter ses propres dispositions en matière d’homologation et reconnaît à la place les exigences de l’UE et de la CEE-ONU. Les véhicules automatisés destinés à être mis en circulation sur son territoire doivent donc disposer d’une homologation étrangère ; l’OFROU (Office fédéral des routes) se contente d’effectuer des contrôles de conformité aléatoires. Les constructeurs et importateurs de véhicules sans conducteur sont tenus de signaler à l’OFROU tout incident lié à la sécurité, et l’OFROU peut déclarer applicables de nouvelles dispositions aux véhicules déjà admis, par exemple en cas de piratage informatique (art. 6 VAF). L’exploitation est donc étroitement liée aux conditions d’homologation et d’exploitation : les véhicules sans conducteur doivent circuler sur des itinéraires approuvés par les cantons et être supervisés par des opérateurs depuis un centre de contrôle.

Que deviennent les données enregistrées ?

Les véhicules automatisés doivent être équipés d’une mémoire de mode de conduite (communément appelée « boîte noire ») qui enregistre des événements tels que le début et la fin des manœuvres d’urgence, les défaillances du système, les collisions, ainsi que l’activation et la désactivation du système d’automatisation. Le traitement de ces données est soumis à des conditions strictes : en vertu de l’article 25g, paragraphe 3, de la SVG, les données ne peuvent être consultées et traitées par les autorités policières, judiciaires et administratives compétentes qu’aux seules fins d’enquêter sur des accidents ou d’évaluer des infractions au code de la route.

Les constructeurs et importateurs de véhicules sans conducteur et de véhicules équipés d’un système de stationnement automatisé doivent signaler à l’OFROU les incidents liés à la sécurité et convenir avec les détenteurs des véhicules ou les exploitants des aires de stationnement agréées des modalités de collecte des informations nécessaires. Les exploitants de parkings proposant un service de stationnement automatisé doivent également avertir la police en cas d’accident. La protection des données et l’accès contrôlé à ces données de conduite constituent donc un élément central et juridiquement sensible du nouveau régime, en particulier pour les gestionnaires de flottes et les prestataires de mobilité qui traitent d’importants volumes de données.

Qui est responsable lorsque le logiciel prend le contrôle de la conduite ?

Si une personne est blessée dans un accident, c’est en principe l’assureur qui verse l’indemnisation en premier lieu ; ce n’est qu’ensuite que l’on détermine qui était réellement responsable. Point essentiel : malgré l’autonomie technique, le détenteur du véhicule reste responsable en vertu de la responsabilité causale prévue à l’article 58 de la SVG, une responsabilité sans faute, fondée sur le risque. Dans le cas d’un accident impliquant un véhicule automatisé, trois niveaux de causalité entrent finalement en ligne de compte :

  1. the manufacturer (for instance in the case of software or sensor faults under the Product Liability Act);
  2. the driver (if they were steering themselves at the time of the accident); or
  3. the keeper (for example in the case of inadequate maintenance).

D'un point de vue juridique, cette situation est particulièrement intéressante car la répartition des risques s'en trouve sensiblement modifiée : du conducteur vers le fonctionnement du système, de l'erreur de conduite classique vers un défaut du produit, du logiciel ou de la maintenance, de la responsabilité pure au titre du Code de la route vers des questions de recours, de responsabilité du fait des produits et de preuve, et du déroulement visible de l'accident vers l'évaluation des données techniques. La mémoire du mode de conduite permet de déterminer si c’était l’homme ou le système qui avait le contrôle au moment de l’accident. L’analyse de ces données devient donc déterminante pour faire valoir des droits de recours. Pour les fabricants, les importateurs et les exploitants, cela signifie un risque de responsabilité potentiellement plus élevé ; et pour toutes les parties concernées, la nécessité urgente de définir clairement et dès le début la répartition contractuelle des risques.

Quel rôle joue la cybersécurité ?

Un véhicule autonome est, par essence, un ordinateur sur roues, et constitue donc une cible potentielle pour les cyberattaques. La cybersécurité n’est donc pas simplement une question technique secondaire, mais un élément fondamental du régime d’homologation. Les constructeurs doivent détenir des certificats valides pour leur système de gestion de la cybersécurité conformément au Règlement n° 155 des Nations unies et pour leur système de gestion des mises à jour logicielles conformément au Règlement n° 156 des Nations unies, et ce pendant toute la durée de vie du véhicule. L’objectif est de prévenir les attaques externes et d’éviter les pannes et dysfonctionnements.

Le règlement tient également compte de ce risque de manière dynamique : l’ASTRA peut même déclarer que de nouvelles dispositions s’appliquent rétroactivement aux véhicules déjà homologués et mis en circulation, par exemple lorsque certains types de véhicules sont touchés par une cyberattaque (art. 6 VAF). Pour les entreprises, cela signifie que la cybersécurité n’est pas un simple obstacle ponctuel à l’homologation, mais une obligation juridique et organisationnelle permanente tout au long du cycle de vie du véhicule.

Conclusion

Les véhicules autonomes vont bouleverser la mobilité, et en Suisse, ils sont déjà une réalité. À Furttal, près de Zurich, le Swiss Transit Lab, les cantons de Zurich et d’Argovie ainsi que les CFF (Chemins de fer fédéraux suisses) déploient des véhicules autonomes dans le cadre du projet pilote « iamo » (mobilité automatisée intelligente) ; après avoir obtenu l’autorisation de l’OFROU, ils circulent pour la première fois en mode automatisé sur la voie publique, et le grand public devrait pouvoir utiliser ce service au cours du premier semestre 2026[10]. Les véhicules de niveau 5 n’existent pas encore, mais leur développement progresse rapidement, et l’on peut s’attendre à ce que l’automatisation complète voie le jour dans un avenir pas si lointain.

La mobilité automatisée ouvre de nouvelles perspectives pour les investisseurs, les développeurs et les opérateurs, mais soulève également une série de questions qui méritent d’être abordées dès le début : les autorisations et l’homologation, les risques liés à la responsabilité civile et aux recours, l’accès aux données et leur protection, ainsi que la répartition des risques entre les fabricants, les importateurs, les opérateurs et les utilisateurs. C'est en abordant ces questions dès le début qu'une technologie prometteuse peut se transformer en un investissement solide et durable.

C'est précisément là que TND Universe apporte une valeur ajoutée. Forts d'une expertise couvrant l'immobilier, la mobilité et l'énergie, et animés par un engagement en faveur du développement durable, de la transparence et de l'intégrité des investissements à long terme, nous aidons nos clients à évaluer, structurer et concrétiser les opportunités liées à la mobilité automatisée tout au long de leur cycle de vie, depuis la due diligence initiale jusqu'à l'exploitation et la création de valeur.

N'hésitez pas à nous contacter. Que vous souhaitiez investir dans des solutions de mobilité automatisée, les développer ou les exploiter, notre équipe peut vous aider à gérer les risques et à tirer parti des opportunités offertes par ce secteur en pleine évolution. Contactez-nous pour un premier entretien sans engagement.

Sources

[1] AS 2025 50 - Ordonnance du 13 décembre 2024 relative à la conduite automatisée (VAF) | Fedlex

[2] Règlement d'exécution (UE) 2022/1426 – EN – EUR-Lex

[3] Règlement n° 2019/2144 – EN – EUR-Lex

[4] Règlement délégué - 2022/2236 - FR - EUR-Lex

[5] Règlement n° 155 des Nations Unies — Dispositions uniformes relatives à l'homologation des véhicules en matière de cybersécurité et de système de gestion de la cybersécurité [2025/5]

[6] Règlement n° 156 des Nations Unies – Mises à jour logicielles et système de gestion des mises à jour logicielles | CEE-ONU

[7] Règlement n° 157 des Nations unies – Systèmes automatisés de maintien de la trajectoire (ALKS) | CEE-ONU

[8] Règlement n° 171 des Nations Unies — Dispositions uniformes relatives à l'homologation des véhicules à moteur en ce qui concerne les systèmes d'aide à la conduite (DCAS) [2024/2689]

[9] SR 0.741.10 - Convention du 8 novembre 1968 sur la circulation routière (avec annexes) | Fedlex

[10] iamo – mobilité automatisée intelligente ; projet pilote « iamo » sur la conduite automatisée dans la vallée de la Furttal | Canton de Zurich

Actualités
Qui est responsable lorsque la voiture roule toute seule ?
Un permis n'est pas une centrale nucléaire : la demi-décision de la Suisse sur le nucléaire

Le 29 juin 2026, l'ETH Zurich et l'Institut Paul Scherrer ont publié un livre blanc rédigé conjointement par dix-neuf chercheurs s'appuyant sur quatre modèles indépendants de systèmes énergétiques. Le message est clair : le nucléaire neuf deviendra compétitif en Suisse dès lors que trois conditions seront réunies : que l’État soutienne le nucléaire parallèlement aux énergies renouvelables, que les coûts de financement passent d’environ 8 % à 5 % grâce à des garanties ou à des contrats pour différence, et que les coûts de construction s’établissent à 8 000 CHF par kilowatt ou moins. Plus le coût de construction est bas, plus l’argument en faveur du nucléaire est solide : le nucléaire de nouvelle génération s’avère rentable dans l’un des quatre modèles même à 12 000 CHF par kilowatt, et dans un nombre croissant de modèles à mesure que les coûts baissent vers 5 000 CHF.

C’est là que réside le dilemme : le Parlement a ouvert la voie à la construction de nouvelles centrales tout en refusant d’accorder le soutien que l’étude considère comme une condition préalable à leur mise en place. La levée de l’interdiction est une bonne chose, mais ce n’est qu’une demi-décision. Les cinq questions ci-dessous exposent ce qui a été décidé, ce qui a été omis et ce qui reste à régler avant le vote.

Un permis n'est pas une centrale électrique. Le Parlement a autorisé la construction du projet et, dans la foulée, a interdit la seule chose qui aurait rendu ce projet viable financièrement.

1. Qu’a donc décidé le Parlement, et qu’a-t-il omis ?

Le 18 juin 2026, le Conseil national, emboîtant le pas au Conseil des États, a adopté par 108 voix contre 87 la contre-proposition indirecte du Conseil fédéral à l’initiative « Blackout stoppen », rendant ainsi la construction de nouvelles centrales nucléaires légalement possible pour la première fois depuis quinze ans. Concrètement, la contre-proposition supprime l’article 12a et l’article 106, alinéa 1bis, de la loi sur l’énergie nucléaire (KEG), dispositions qui, depuis 2018, interdisaient toute autorisation générale pour une nouvelle centrale, et introduit l’obligation de garantir le financement au préalable. À première vue, cela rétablit la neutralité technologique. Mais la majorité parlementaire est allée plus loin qu’une simple autorisation : la position du Conseil national rejette tout soutien public aux nouveaux réacteurs et n’accorderait une autorisation-cadre que si la construction et l’exploitation d’une centrale sont financièrement garanties par des fonds privés. En d’autres termes, le législateur a rouvert la porte tout en supprimant la rampe d’accès qui y mène. Cette décision répond à la question de la légalité. Elle laisse toutefois entièrement ouverte la question qui détermine en réalité si une centrale verra un jour le jour : qui supporte le risque financier s’étalant sur plusieurs décennies, point central mis en avant par l’étude de l’ETH.

2. Que révèle l'étude de l'ETH, et sur quels points nos opinions divergent-elles ?

Le calcul est rigoureux et, en soi, il tient la route : les nouvelles centrales deviennent compétitives dès lors que l’État les soutient, les coûts de financement passent d’environ 8 % à 5 %, et les coûts de construction s’établissent autour de 8 000 CHF par kilowatt. Nous en prenons bonne note. Mais deux aspects méritent d’être soulignés. L’analyse ne modélise pas les petits réacteurs modulaires comme une technologie à part entière. Elle représente le nucléaire à travers un coût d’investissement unique par kilowatt de capacité installée, et son scénario le plus coûteux, à 12 000 CHF par kilowatt, est tiré de récents projets de gigawatts « premiers du genre » en Europe et aux États-Unis. Les auteurs eux-mêmes attribuent ces prix au fait qu’il s’agit de projets pionniers et s’attendent à ce que l’expérience acquise ramène les coûts vers 8 000 CHF. La logique de production en série et en usine des réacteurs modulaires est précisément la voie vers les coûts plus bas à partir desquels les modèles deviennent rentables, mais elle n’est pas prise en compte dans ces modèles. Et s’il est vrai que la Suisse pourrait atteindre la neutralité carbone sans nouvelle centrale nucléaire, en s’appuyant sur l’hydroélectricité et le photovoltaïque pour environ les trois quarts de son approvisionnement, cette voie accepte tacitement comme contrepartie une dépendance structurelle vis-à-vis des importations en hiver. C’est ce que nous ne sommes pas prêts à accepter. Le coût élevé d’une première centrale de ce type est un argument en faveur d’un programme de construction sérieux et d’un cadre de financement solide, et non pour considérer le nucléaire comme une option facultative.

Construction cost
​Figure 1: With political support and financing costs cut from 8% to 5%, construction cost decides how much new nuclear gets built across the four models. At CHF 12,000 per kilowatt, capacity falls toward zero in three of the four. Data: ETH Zurich / PSI (29 June 2026); figure recreated in English by TND Universe.​

3. De quelle quantité d'énergie nucléaire la Suisse a-t-elle besoin pour préserver sa souveraineté ?

De quoi garder le contrôle de son approvisionnement hivernal. La demande devrait passer d’environ 57 térawattheures aujourd’hui à entre 75 et 90 d’ici 2050, à mesure que les transports, le chauffage et l’industrie s’électrifient, alors même que les réacteurs existants, d’une capacité d’environ 23 térawattheures, arriveront en fin de vie. Lors d’une nuit d’hiver froide et sans vent, l’énergie solaire et l’hydroélectricité au fil de l’eau ne peuvent pas couvrir cette charge, et le déficit est comblé par des importations en provenance de pays voisins dont les marges disponibles s’amenuisent. Une charge de base nationale stable de 25 à 30 térawattheures – ce qui correspond à peu près à la part actuelle du nucléaire dans un réseau élargi – permettrait de conserver cette capacité entre les mains de la Suisse, au lieu de la céder à un marché que le pays ne contrôle pas. Laisser le parc nucléaire être mis hors service sans être remplacé produit l’effet inverse. Le fait que la construction des réacteurs soit lente ou coûteuse relève d’un débat sur la mise en œuvre, et non sur l’orientation stratégique, et la technologie apporte une réponse partielle à cette question : les dernières conceptions, y compris les petites unités modulaires dont le déploiement est désormais imminent, sont nettement plus sûres que les centrales qu’elles remplaceraient, grâce à une sécurité passive et à un encombrement bien moindre. La voie la plus judicieuse consiste à considérer cette capacité ferme comme l’atout stratégique qu’elle est, un fondement fiable pour l’approvisionnement futur du pays.

4. Existe-t-il une voie de financement légale, et l'État devrait-il l'emprunter ?

Cela existe, et la Suisse dispose des outils juridiques pour le mettre en place. Un contrat pour différence, dans le cadre duquel l’État garantit un prix d’exercice fixe et compense l’écart dans un sens ou dans l’autre, est l’instrument mis en avant par les auteurs de l’ETH, et c’est précisément ce que la position du Conseil national refuse. Sa mise en place impliquerait de le rendre compatible avec la loi sur l’approvisionnement en électricité (StromVG), la loi sur l’énergie (EnG) et le « Mantelerlass » de 2024 sur la sécurité de l’approvisionnement en électricité issue des énergies renouvelables, et de le considérer en toute honnêteté comme une aide d’État. Rien de tout cela ne constitue un obstacle, mais plutôt un défi de conception : l’Union européenne utilise déjà un contrat pour différence pour la nouvelle centrale nucléaire de Hinkley Point C, ce qui montre que cet instrument est viable et non interdit, et offre à la Suisse un modèle sur lequel s’appuyer dans ses propres négociations sur l’électricité avec Bruxelles. Derrière le coût de construction se cache une longue traîne : la responsabilité au titre de la loi sur la responsabilité en matière d’énergie nucléaire, le fonds de démantèlement et d’élimination des déchets, ainsi qu’un cadre rigoureux qui intègre ces coûts dès le départ. Ce sont là des raisons de concevoir le financement avec soin. Ce ne sont pas des raisons de laisser l’autorisation en suspens.

5. Que faut-il décider dès maintenant, dans la période qui précède février 2027 ?

Le déficit d'approvisionnement est bien réel, et il s'aggrave à mesure que l'économie s'électrifie : les voitures à essence cèdent la place aux voitures électriques, les chaudières au fioul et au gaz aux pompes à chaleur, les procédés industriels fonctionnant aux énergies fossiles à ceux fonctionnant à l'électricité, tandis que les infrastructures numériques et les centres de données viennent ajouter leur propre charge. Sans une base de production nationale solide, la Suisse devra répondre à cette demande hivernale croissante par des importations, année après année. C’est là un argument en faveur d’une décision prise au sérieux, et non d’une demi-mesure. Si le pays veut que l’option nucléaire soit une véritable solution, il doit légiférer sur l’architecture de financement que l’étude de l’ETH identifie elle-même comme une condition préalable : un mécanisme de transfert des risques bien défini, un cadre d’autorisation bancable et une réponse lucide sur les aides d’État et le dossier européen sur l’électricité. Ce qu’elle ne doit pas faire, c’est ce qu’elle a fait jusqu’à présent : autoriser la centrale, interdire son financement et laisser aux investisseurs le soin de résoudre cette contradiction. La Suisse a pris la partie la plus facile de la décision. La partie la plus difficile reste à traiter, et les mois précédant le vote sont le moment de s’y atteler.

Les opposants, parmi lesquels la Fondation suisse pour l'énergie, les sociaux-démocrates et les Verts, interprètent cette même étude comme la preuve que le nucléaire n'est ni rentable ni nécessaire, et souhaitent que l'abrogation soit rejetée lors du référendum. Nous l'interprétons différemment. Un système dans lequel la neutralité carbone est techniquement réalisable sans nucléaire n'est pas synonyme d'un approvisionnement qui reste sûr, souverain et abordable au cœur de l'hiver. Le coût est une raison d'organiser le financement de manière intelligente, et non une raison d'écarter une technologie dont le pays aura besoin.

Notre point de vue

D’un point de vue juridique et économique, la levée de l’interdiction de construction de nouvelles centrales ne constitue qu’une première étape, et non pas encore un cadre d’investissement viable. Tant que le législateur n’aura pas mis en place une architecture de financement sur laquelle les investisseurs pourront s’appuyer, la sécurité de planification nécessaire aux investissements dans les infrastructures fera défaut. Notre position est claire, et elle ne correspond pas à celle de l’étude : la Suisse a besoin de nouvelles centrales nucléaires. Disposer d’une base de production nationale solide de l’ordre de 25 à 30 térawattheures, suffisante pour maintenir à peu près la part actuelle du nucléaire alors que la demande devrait grimper vers 75 à 90 térawattheures d’ici 2050, voilà à quoi ressemble une véritable souveraineté énergétique, la différence entre produire notre propre électricité et dépendre d’importations sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle. La technologie des réacteurs de dernière génération est nettement plus sûre que celle des centrales qu’elle remplacerait, et elle doit occuper une place centrale dans l’infrastructure énergétique du pays, et non une place marginale. Une autorisation sans financement relève du symbolisme, et non d’une politique d’implantation. La Suisse devrait mener à bien la décision qu’elle a entamée : engager les financements, développer les capacités et garantir son propre approvisionnement.

Le Dr iur. Alexander Schiemenz est l'un des cofondateurs de TND Universe, une entreprise qui conçoit, finance et met en œuvre des solutions exceptionnelles dans les domaines de l'immobilier, de la mobilité et de l'énergie, contribuant ainsi à bâtir des communautés meilleures et à façonner un avenir plus radieux. Si vous envisagez d'investir dans les infrastructures énergétiques, n'hésitez pas à nous contacter pour bénéficier de conseils juridiques et de concepts énergétiques qui permettront de transformer un projet autorisé en un projet bancable.

Actualités
Un permis n'est pas une centrale nucléaire : la demi-décision de la Suisse sur le nucléaire
La réforme de la loi Lex Koller : une modification législative qui s'attaque au mauvais problème

Article d'opinion publié dans FuW par le Dr. iur. Alexander Schiemenz, LINDEMANNLAW, juillet 2026

La Suisse est en proie à une pénurie de logements, et le Conseil fédéral apporte une réponse : un durcissement de la « Lex Koller ». La consultation est en cours depuis le 15 avril 2026 et s’achèvera le 15 juillet 2026. Pour la première fois, les fonds immobiliers cotés, les SICAV et les sociétés immobilières seront soumis au régime d’autorisation. Cela ressemble à une mesure décisive. Mais il s’agit avant tout d’un geste symbolique. En effet, le projet de loi ne s’attaque pas à la cause de la pénurie, mais au marché des capitaux qui contribue à financer la construction de logements, et ce avec un instrument difficilement applicable sur les marchés boursiers. Le déclencheur politique est bien connu : après le débat sur la « Suisse des 10 millions », le Conseil fédéral avait promis des mesures d’accompagnement. Cette réforme en fait partie. Ce qui motive cette initiative, c’est l’aspect médiatique du débat sur l’immigration, et non la preuve que les investisseurs étrangers font grimper les loyers.

« Une part de fonds ne confère à personne le contrôle d'un terrain en Suisse. Elle procure un rendement et fournit aux législateurs un argument fallacieux. »

1. Quels sont les changements juridiques apportés par ce projet de loi, et pourquoi est-il problématique de considérer une part de fonds comme un bien immobilier ?

La loi Lex Koller poursuit un seul objectif déclaré (art. 1 de la BewG) : empêcher la « mainmise étrangère sur les terrains nationaux ». Il s’agit ici du contrôle sur les terrains et le sol. C’est précisément sur ce point que l’avant-projet modifie la donne. À l’avenir, la notion d’«acquisition» englobera également toute personne qui acquiert des parts de fonds immobiliers, des actions de SICAV immobilières ou des participations dans des sociétés immobilières lui conférant une position dominante (art. 4, al. 1, let. c, cbis, d et e, VE-BewG). Cela renverse un statu quo éprouvé : depuis le 1er mars 2013, les personnes résidant à l’étranger pouvaient acquérir librement des parts de fonds cotées en bourse. La raison en était évidente. Une part de fonds n’est pas un bien immobilier. Elle procure un rendement proportionnel, mais confère aucun pouvoir de disposition sur une parcelle spécifique, ni aucun droit de vote concernant la location, la transformation ou la vente. Quiconque détient une part d’un fonds immobilier coté en bourse «contrôle» aussi peu de terrain que le détenteur d’une obligation contrôle la société à laquelle il prête de l’argent. La réforme assimile un investissement en capital à un achat immobilier. Il ne s’agit pas là de combler une lacune, mais d’une confusion des catégories.


2. Pourquoi la nouvelle règle est-elle pratiquement inapplicable dans le cadre des opérations boursières ?

Plus grave encore est la manière dont cette nouvelle règle doit être contrôlée. Son application intervient directement sur le marché des capitaux. Les participants à la bourse et les entreprises qui négocient des titres cotés de gré à gré devraient examiner chaque ordre concerné, vérifier si l’acheteur est une personne résidant à l’étranger et refuser l’exécution en l’absence d’autorisation (art. 19b du projet de loi sur les mouvements de capitaux). Les documents relatifs aux fonds devraient exclure d’emblée les personnes non autorisées résidant à l’étranger (art. 67a, 71a et 118j KAG). Les infractions sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 250 000 francs (art. 28a du projet de loi sur les mouvements de capitaux). Le problème ne réside pas dans la bonne volonté, mais dans les mécanismes. Les fonds cotés et les SICAV ne tiennent pas de registre à jour de leurs bénéficiaires effectifs. Dans le cadre des transactions boursières qui s’effectuent en une fraction de seconde, le bénéficiaire effectif n’est souvent identifiable qu’avec un certain retard, alors que le projet de loi exige un contrôle sans faille. Ce qui est irréalisable sur le plan opérationnel conduit à la seule solution restante : le retrait de la cote. La Confédération elle-même écrit qu’une radiation de la cote est l’issue probable. Environ 44 fonds immobiliers suisses, représentant un volume de près de 80 milliards de francs, seraient concernés. Une mesure qui détruit la transparence et la liquidité au nom d’un contrôle de façade n’est pas de la surveillance. C’est un autogoal.

3. Comment la Confédération évalue-t-elle elle-même l'efficacité de cette mesure, et que révèlent les chiffres ?

L'argument le plus de poids contre la réforme émane de la Confédération. L'étude d'impact réglementaire commandée conclut que la mesure n'est « pas adaptée » pour détendre le marché du logement et n'a qu'un effet « minime » sur la propriété foncière étrangère. Les chiffres sont sans appel. Les investisseurs étrangers détiennent environ 5,32 milliards de francs dans des fonds immobiliers suisses cotés et des SICAV, dont 2,42 milliards dans le segment résidentiel. En face, on trouve les 26,65 milliards que les caisses de retraite suisses investissent à elles seules dans l’immobilier à l’étranger. Quiconque parle ici de «domination étrangère» confond une quantité marginale avec un problème structurel.

4. Quels autres risques la Confédération identifie-t-elle, et qu'en est-il du principe constitutionnel de proportionnalité ?

Le rapport met en outre en garde contre le fait que les contrôles des capitaux sectoriels ne fonctionnent généralement pas, que les capitaux détournés pourraient inciter davantage les investisseurs nationaux à se tourner vers ce marché, et qu’un signal d’isolement pourrait nuire à l’attractivité de la place économique et déclencher des contre-mesures à l’encontre des propriétaires suisses à l’étranger. Dès 2017, un durcissement similaire avait été abandonné à l’issue de la consultation. Sur le plan constitutionnel, la question fondamentale de la proportionnalité demeure (art. 5, al. 2, Cst.) : une mesure qui, selon l’analyse officielle, n’atteint pas son objectif n’est pas appropriée et n’est donc guère justifiable.

5. Quelles sont les implications pour les investisseurs, et comment devraient-ils mettre à profit le temps qui leur reste ?

La pénurie de logements est bien réelle et mérite des mesures politiques sérieuses : davantage de terrains à bâtir, des procédures plus rapides, une densification des constructions. Un durcissement de la « Lex Koller » n’apporte rien de tout cela. Il engendre de la bureaucratie, chasse les capitaux liquides hors des véhicules transparents et ne fait que déplacer le problème au lieu de le résoudre. Quiconque souhaite améliorer cette réforme devrait supprimer ou restreindre strictement les dispositions relatives aux investissements indirects et aux titres cotés, et se concentrer uniquement sur le contrôle effectif des terrains à bâtir résidentiels, de manière égale pour tous les non-résidents. La consultation se déroule jusqu’au 15 juillet 2026 ; le projet de loi ne pourra de toute façon guère entrer en vigueur avant 2028. Les investisseurs devraient profiter de cette période pour soumettre leurs commentaires et revoir leurs structures. La politique symbolique a un prix. Ce ne serait pas le marché immobilier qui le paierait, mais la place financière.

La consultation est ouverte jusqu'au 15 juillet 2026, et la réforme n'entrera probablement pas en vigueur avant 2028. C'est le moment idéal pour revoir vos structures et soumettre une prise de position. LINDEMANNLAW conseille les investisseurs, les fonds et les sociétés immobilières sur la réforme de la Lex Koller et ses implications pour les participations immobilières indirectes. N’hésitez pas à nous contacter pour discuter de votre situation.

Lisez l'intégralité de cette tribune libre dans Finanz und Wirtschaft.

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La réforme de la loi Lex Koller : une modification législative qui s'attaque au mauvais problème
Les initiatives en matière de logement : entre mandat de construction et législation fédérale

Dr. iur. Alexander Schiemenz, LINDEMANNLAW, tribune libre publiée dans FuW, juin 2026

Le 14 juin, Zurich a rejeté trois initiatives populaires portant sur la pénurie de logements : l’initiative de gauche sur le logement, l’initiative de gauche sur la protection des locataires et l’initiative de centre-droit sur l’accession à la propriété. Toutes ont été rejetées. Et pourtant, l'électorat a dit «oui» à deux reprises : aux contre-propositions du Conseil cantonal. Ce n'est pas une contradiction. C'est un message politique clair. Les électeurs ne veulent pas d'idéologie. Ils veulent des solutions.

La situation est bien connue, mais elle mérite d’être étayée par des chiffres. Le taux de vacance dans le canton s’élève à 0,48 % ; dans la ville même, il est inférieur à 0,1 %. Sur environ 224 000 appartements urbains, un peu plus de 130 sont inoccupés. Les loyers demandés ont récemment augmenté de 8,5 %. Quiconque cherche aujourd’hui un appartement à Zurich le sait : il ne s’agit pas d’une correction du marché, mais d’une pénurie structurelle.

« Voter “non” aux trois initiatives n’est pas un signe d’indifférence. C’est un rejet d’une politique qui privilégie les gesticulations plutôt que la construction. »

1. Que prévoit la contre-proposition à l'initiative sur le logement ?

La contre-proposition à l'initiative sur le logement recueille 57,9 % des voix. Ses principaux axes : une simplification des exigences en matière d'urbanisme et de droit de la construction, une accélération des procédures d'octroi de permis et de recours, ainsi que la possibilité de construire des immeubles plus hauts. Le Conseil cantonal doit présenter une loi d'application dans un délai de trois ans. C'est l'exact contraire de l'initiative rejetée, qui visait à créer une autorité cantonale du logement dotée d'un capital de départ de 500 millions de francs.

2. Quelles sont les limites juridiques à une accélération des travaux de construction ?

Sur le plan juridique, la situation est complexe. L’aménagement du territoire relève principalement de la compétence des cantons et des communes, mais la loi fédérale fixe des limites : la loi sur l’aménagement du territoire (LAT) définit la densité, la hauteur et le rythme des constructions autorisées. Une contre-proposition cantonale visant à modifier ces limites risque de se heurter à des obstacles liés au droit fédéral. La question décisive est de savoir si le Conseil cantonal ouvre véritablement une nouvelle marge de manœuvre ou s’il se contente de reformuler les instruments existants. Les bâtiments plus hauts dans les zones résidentielles pourront-ils réellement obtenir des permis de construire, ou les oppositions continueront-elles à bloquer un projet sur deux ? C’est là que réside le véritable test.

3. Que prévoit la contre-proposition à l'initiative en faveur de la protection des locataires ?

La contre-proposition à l'initiative en faveur de la protection des locataires recueille 54,3 % des voix. Son contenu est plus ciblé que celui de l'initiative qu'elle remplace. À partir de 20 résiliations simultanées de baux, un bailleur doit présenter un plan de résiliation, en informer les locataires au moins un an à l'avance et examiner si des travaux de construction sont également possibles pendant que le bien reste occupé.

4. Pourquoi cette contre-proposition visant à protéger les locataires est-elle délicate sur le plan juridique ?

Cela semble modéré. Sur le plan juridique, c’est délicat. En Suisse, le droit du bail relève du droit fédéral. Le Code des obligations régit de manière exhaustive, au niveau fédéral, les résiliations, les loyers et la protection des locataires. Une contre-proposition cantonale visant à réglementer le comportement des bailleurs en cas de résiliation se situe à la limite de ce qui est admissible au regard du droit fédéral. Dès qu’une disposition cantonale empiète sur ce domaine essentiel du Code des obligations, un conflit de priorité avec l’art. 49 de la Constitution fédérale se profile. La première application sérieuse de cette contre-proposition aboutira devant les tribunaux. Quant à l’issue, elle reste incertaine.

5. Quelles sont désormais les implications de ce résultat pour le Conseil cantonal ?

Le fait d’avoir adopté deux contre-propositions ne constitue pas un passe-droit pour le Conseil cantonal. Il s’agit d’un mandat assorti d’une échéance. Ceux qui ont soutenu les contre-propositions afin d’empêcher les initiatives doivent désormais tenir leurs engagements. Cela vaut aussi bien pour les partis de centre-droit, qui ont fait pression pendant des années contre les règles de protection des locataires, que pour les partis de gauche, qui vont désormais faire pression pour exploiter au maximum la contre-proposition à l’initiative sur la protection des locataires.

Un compromis politique a été trouvé. Le litige juridique concernant l'interprétation ne fait que commencer. Chaque disposition d'application sera contestée, par l'un ou l'autre camp. C'est précisément le prix à payer pour un résultat électoral qui ne donne pas de majorité claire en faveur d'un seul modèle, mais une majorité étroite en faveur de deux modèles différents à la fois.

Zurich a besoin de plus d’appartements. Zurich a également besoin d’une protection des locataires qui soit efficace sans pour autant décourager les investissements. Ces deux objectifs ne s’excluent pas mutuellement. Mais ils ne peuvent pas être atteints par des référendums. Les référendums fixent une orientation. Le travail qui s’ensuit relève du savoir-faire : lois, ordonnances, procédures, tribunaux. Le 14 juin peut marquer un tournant. L'agglomération zurichoise s'étend, mais les infrastructures ne suivent pas le rythme. Cela peut changer si le législateur saisit cette opportunité et met enfin en place les processus permettant une construction rapide et fiable. Les conditions sont réunies. L'excuse selon laquelle « c'est impossible » n'est plus valable non plus.

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Les initiatives en matière de logement : entre mandat de construction et législation fédérale
Souveraineté, pénuries d'approvisionnement, réacteurs modulaires de petite taille : ce qu'il faut savoir avant que la Suisse ne se prononce sur le nucléaire

Cinq questions auxquelles la Suisse doit répondre

1. Ce déficit d'approvisionnement est-il réel ? La Suisse consomme aujourd'hui 57 TWh. D'ici 2050, la demande passera à 75–90 TWh. Beznau, Gösgen et Leibstadt seront mises hors service. Il en résulte un déficit structurel de 20–35 TWh. Aucun scénario ne permet de combler ce déficit sans recourir à de nouvelles capacités de base ou à une dépendance permanente vis-à-vis des importations.

2. L'interdiction de construire a-t-elle jamais été un mandat issu de la démocratie directe ? Le référendum de 2017 a approuvé la Stratégie énergétique 2050 dans son ensemble — et non une interdiction isolée d'une technologie. En 2003, les deux tiers des électeurs suisses ont rejeté à la fois l'initiative « De l'électricité sans nucléaire » et le MoratoirePlus. En 2016, une majorité a rejeté la limitation de la durée de vie des centrales. Aujourd’hui, 59 % des Suisses considèrent que le nucléaire de nouvelle génération est une option raisonnable.

3. S'agit-il d'une politique énergétique — ou d'une politique d'infrastructures ? Trois millions de véhicules électriques, des centres de données pour l'IA, des quartiers équipés de pompes à chaleur. L'électricité est le pilier de la prochaine économie suisse, et non une variable parmi tant d'autres. Les décisions prises aujourd'hui détermineront quelles infrastructures existeront en 2045. Ce n'est pas une question d'énergie. C'est une décision souveraine en matière d'infrastructures.

4. Que signifie réellement la dépendance à l'importation ? Chaque TWh importé par la Suisse correspond à un TWh produit ailleurs — dans les centrales nucléaires françaises, dans les turbines à gaz allemandes, dans les capacités du réseau européen alimentées au charbon. La souveraineté énergétique n'est pas une notion abstraite. C'est un atout géopolitique et économique que la Suisse a toujours protégé et qu'elle risque aujourd'hui de céder sans faire de bruit.

5. Les nouveaux réacteurs sont-ils compatibles avec l'urbanisme moderne ? Les petits réacteurs modulaires (SMR) occupent une superficie équivalente à la moitié d'un terrain de football. Ils peuvent fournir simultanément de l'électricité et de la chaleur à tout un quartier urbain. La question n'est plus de savoir si le nucléaire a sa place dans une ville durable, mais si la Suisse peut se permettre de ne pas étudier cette option.


Cinq mesures à prendre sans tarder

  1. Lift the construction ban — and open the technology assessment. Not a decision to build, but a decision to evaluate.
  2. Commission an independent feasibility study on SMR deployment in Switzerland, separate from lobby positions on both sides.
  3. Define the grid investment required to close the supply gap regardless of the nuclear outcome — the gap is real irrespective of what fills it.
  4. Set a clear timeline: if a referendum is triggered, it must be conducted on the facts of 2026, not the fears of 2011.
  5. Separate the sovereignty question from the environmental debate. Both deserve honest answers. Conflating them serves neither.

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Souveraineté, pénuries d'approvisionnement, réacteurs modulaires de petite taille : ce qu'il faut savoir avant que la Suisse ne se prononce sur le nucléaire
Bruit, biodiversité, ISOS : ce qu'il faut clarifier avant l'installation de chaque éolienne

Dr. iur. Alexander Schiemenz, LINDEMANNLAW — Article d'opinion publié dans FuW, juin 2026

La Suisse a besoin de plus d’électricité en hiver. Mais cela ne signifie pas pour autant que toutes les éoliennes sont une bonne solution. Quiconque souhaite implanter des parcs éoliens aux portes d’une commune ne doit pas se contenter d’invoquer l’urgence de la politique énergétique. Il doit prouver que le site est adapté, tant aujourd’hui que dans vingt ans. L'énergie éolienne bénéficie d'un élan politique en Suisse. Le gouvernement fédéral souhaite développer la production d'énergie renouvelable, les cantons doivent désigner des zones appropriées et, depuis le décret d'accélération, les procédures pour les installations d'intérêt national sont censées être accélérées. Cela ressemble à un progrès. Mais cela ressemble aussi à une tentation : comme si le fait d’invoquer la transition énergétique suffisait à reléguer au second plan les objections locales, la protection du paysage, les préoccupations liées au bruit, la biodiversité et les questions de démantèlement. C’est précisément là que réside l’erreur. L'énergie éolienne n'est pas un argument moral, mais un projet d'infrastructure. Une infrastructure doit prouver sa valeur sur le site concerné – en termes d'aménagement du territoire, d'écologie, d'économie et de droit. On ne peut pas écarter cela en invoquant l'urgence.

« Quiconque envisage d'implanter des éoliennes dans des zones ISOS n'aura pas affaire à des idéalistes comme adversaires. Il devra faire face au Tribunal fédéral. »

Quels sont les véritables impacts des éoliennes et pourquoi se contenter de mesurer les décibels ne suffit-il pas ?

En Suisse, il n’existe pas de distance minimale fixe entre les éoliennes et les habitations. Les facteurs déterminants sont les limites réglementaires en matière de bruit, les niveaux de sensibilité, la topographie, le type d’éolienne et les conditions de vent spécifiques. Cela peut sembler technique, mais c’est d’une importance cruciale sur le plan politique. Car l’impact ne se limite pas aux niveaux de décibels indiqués sur le papier. Les éoliennes génèrent un bruit périodique, projettent des ombres et dominent le paysage. Pour ceux qui vivent à proximité, il ne s'agit pas d'une contribution abstraite à l'approvisionnement en électricité, mais d'une intrusion dans leur vie quotidienne. Ce n'est pas une critique de la technologie. C'est une question d'emplacement.



Pourquoi la biodiversité ne s'arrête-t-elle pas au niveau du rotor ?

La biodiversité ne s'arrête pas non plus au niveau des pales. Les parcs éoliens nécessitent des voies d'accès, des fondations, des zones de montage, des lignes électriques et des raccordements au réseau. Dans les zones sensibles, ces infrastructures annexes peuvent à elles seules constituer le facteur décisif. Les risques de collision pour les oiseaux et les chauves-souris, la perte d’habitat et les perturbations ne sont pas des risques théoriques. Ils doivent être évalués sur place, et non minimisés a posteriori. Un site qui ne fonctionne qu’au prix de compromis écologiques n’est pas un bon site.

La préservation des paysages n'est-elle qu'une question de romantisme ?

La préservation des paysages, c'est bien plus qu'une simple question de romantisme. La Suisse est un pays densément peuplé, exposé sur le plan topographique et marqué culturellement par ses paysages urbains caractéristiques. Les éoliennes ont un impact qui dépasse largement leur emplacement immédiat. Elles modifient les silhouettes, les lignes de vue et les pentes. Cette observation ne constitue pas un veto contre l’énergie éolienne. Il s’agit d’une condition spécifique au site, inscrite dans la législation suisse.

Pourquoi l'ISOS se prononce-t-elle sur un projet éolien ?

L'Inventaire des sites du patrimoine suisse constitue un élément souvent sous-estimé. Dans un arrêt rendu en janvier 2026 concernant Winterthour, le Tribunal fédéral a précisé : dès lors qu'une autorisation touche à des principes juridiques fédéraux, l'ISOS est directement applicable. Quiconque prévoit d’implanter des éoliennes dans ou à proximité de zones désignées par l’ISOS n’agit plus dans le cadre de la marge d’appréciation du canton. Il déclenche une pesée d’intérêts qualifiée au sens des art. 6 ss de la loi sur la protection de la nature et du patrimoine (LPN). La Commission fédérale pour la protection de la nature et du patrimoine peut être consultée. Pour les investisseurs et les promoteurs de projets, cela signifie qu’un examen précoce de l’ISOS n’est pas un luxe, mais une obligation. Quiconque ne découvre qu’au cours de la phase d’autorisation qu’une installation est située dans une zone ISOS risque plus que de simples retards. Il met en péril l’ensemble du projet. Plus de 1 200 sites sont classés d’importance nationale dans l’ISOS, et leurs zones d’impact s’étendent loin dans le paysage. Quiconque ignore cela construit sur du sable.

Comment éviter de se lancer dans un mauvais projet et à quel moment une opposition efficace prend-elle forme ?

La tendance politique est à l’accélération. Les procédures doivent être raccourcies, les recours rendus plus difficiles et les autorisations plus prévisibles. Cela séduit les investisseurs. Pour les communes, c’est risqué. Le décret sur l’accélération n’est pas un blanc-seing : il vise à rationaliser les procédures, et non à supprimer la mise en balance des intérêts. Cela se vérifie dans la pratique : dans le canton de Zurich, le gouvernement cantonal a éliminé environ 40 % du potentiel éolien du canton d’un seul coup, car les sites ne répondaient pas aux critères de conciliation entre la sécurité aérienne, la protection du paysage urbain et la proximité des zones habitées. Un « non » catégorique ne tiendra pas la route dans le cadre de procédures accélérées. Quiconque souhaite empêcher un projet n’a pas besoin de susciter l’indignation ; il a besoin d’un dossier : évaluations acoustiques, études écologiques, analyse ISOS, études de faisabilité des infrastructures et plan de démantèlement. Une opposition efficace ne commence pas par des manifestations une fois les éoliennes en place. Elle commence dès la phase d’aménagement du territoire. La fin de vie d’une installation est particulièrement sous-estimée. Les parcs éoliens ont une durée de vie limitée. Le démantèlement, les fondations, les voies d’accès, l’élimination des déchets et le repowering doivent déjà être pris en compte lors de la procédure d’autorisation. Tout le reste n'est que du greenwashing à retardement. Une installation présentée aujourd'hui comme durable ne doit pas se transformer en un problème de gestion des déchets non résolu pour la commune dans vingt ans. Sans obligation claire de démantèlement ni garanties financières, un parc éolien n'est pas pleinement planifié. La transition énergétique a besoin de rapidité. Mais la rapidité ne remplace pas le bon sens. De bons choix de sites ne sont pas en contradiction avec la transition énergétique. Ils en sont la condition préalable. Quiconque installe des éoliennes au mauvais endroit produit non seulement de l’électricité, mais aussi de la résistance. Et la résistance coûte du temps que la transition énergétique ne peut se permettre de perdre. Une bonne politique énergétique accélère les bons projets. Et elle met fin aux mauvais suffisamment tôt.

Avez-vous un projet éolien en cours ?

Que vous soyez une collectivité locale, un riverain concerné ou un promoteur de projet, notre équipe vous accompagne tout au long du processus, de l'aménagement du territoire à l'examen ISOS, en passant par le plan de démantèlement. Contactez-nous dès le début, avant même que les éoliennes ne soient installées. Contactez l'équipe de LINDEMANNLAW pour une première évaluation de votre site.

Lire l'éditorial publié dans « Finanz und Wirtschaft » (FuW) : L'énergie éolienne n'est pas un argument moral, mais un choix d'implantation

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Bruit, biodiversité, ISOS : ce qu'il faut clarifier avant l'installation de chaque éolienne
Les plafonds de loyer ne résolvent pas la pénurie de logements. Ils permettent simplement de la gérer.

Dr. iur. Alexander Schiemenz, LINDEMANNLAW — Article d'opinion publié dans FuW, juin 2026

Ceux qui plafonnent les loyers ne construisent pas de logements. Ils ne font que redistribuer la pénurie. C’est précisément là le problème de la vague de réglementations en matière de politique du logement qui déferle actuellement sur la Suisse. Le 14 juin, Zurich se prononcera sur l’initiative pour la protection du logement. Bâle a déjà montré ce qui s’ensuit. Berne, Genève et Vaud examinent des règles similaires. Ce qui ressemble à une politique sociale cantonale est en fait une décision d’orientation en matière de politique du logement pour l’ensemble du pays — une Suisse qui se dirige vers les dix millions d’habitants.

Le diagnostic est juste : dans les villes où les taux de vacance sont faibles, où les coûts de construction augmentent et où la pression migratoire est soutenue, le logement est devenu une question de répartition. L'accès au logement abordable est un objectif politique légitime. Les moyens à mettre en œuvre, en revanche, sont sujets à débat.

« Le prix n’est pas la cause de la pénurie de logements. C’est son symptôme. Ceux qui ne réglementent que le prix s’attaquent au thermomètre au lieu de s’attaquer à la fièvre. »

Le sophisme politiquement séduisant

Les plafonds de loyer présentent un grand avantage : ils sont faciles à expliquer. Les loyers sont élevés ? Alors limitons-les. C'est un argument accrocheur, qui parle à l'émotion et qui se prête parfaitement à un référendum.

D'un point de vue économique, c'est trop simpliste. Le prix n'est pas la cause de la pénurie de logements. C'est son symptôme. Des loyers élevés indiquent qu'il y a trop peu de logements là où les gens souhaitent vivre. Ceux qui se contentent de réguler les prix sans augmenter l'offre s'attaquent au thermomètre plutôt qu'à la fièvre.

À court terme, le plafonnement des loyers peut soulager les ménages — cela ne fait aucun doute. À moyen terme, il crée des incitations néfastes : moins d'investissements, moins de rénovations, davantage de formalités administratives, davantage de manœuvres d'esquive. Au final, on ne dispose pas de plus d'appartements abordables, mais d'un nombre réduit d'appartements disponibles.


Bâle met en garde

Bâle-Ville en est un exemple édifiant en temps réel. Depuis 2022, des règles strictes en matière de protection du logement sont en vigueur. Conséquence : baisse du nombre de contrats de rénovation, nouvelles procédures d'autorisation, risques de litiges et périodes de contrôle s'étalant sur plusieurs années. Certaines règles ont déjà dû être assouplies à partir de novembre 2025, car les rénovations étaient trop fortement freinées.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Dans le cadre de la procédure simplifiée de protection du logement, le rendement des coûts de construction pour une rénovation tombe à 1,3 %, contre 2,7 à 3,4 % dans le cadre du droit suisse standard des baux. Compte tenu des taux d’intérêt, des exigences réglementaires et des coûts de construction actuels, personne ne rénove pour un rendement de 1,3 %. Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat prévisible d’un système qui rend l’investissement plus difficile et plafonne politiquement les rendements.

Les rénovations écoénergétiques, la modernisation des installations techniques des bâtiments, les rénovations complètes — exactement ce qu'exigent les objectifs climatiques — ne sont plus viables financièrement. Une maison figée par la réglementation n'est pas plus sociale. Elle est simplement plus vieille.

Construisons, ne bloquons pas

La principale lacune de la politique sociale que représente le plafonnement des loyers réside dans son ciblage. Elle ne vient pas en premier lieu en aide aux plus démunis, mais à ceux qui ont déjà accès au parc de logements réglementés.

Ceux qui disposent d'un logement social abordable restent sur place. Même si celui-ci est devenu trop grand. Même s'ils changent de lieu de travail. Chaque déménagement se traduit par une pénalité financière, car le nouveau loyer sera plus élevé. Cela engendre des effets de verrouillage : des personnes se retrouvant coincées dans des logements familiaux, des familles qui n'ont pas accès à des logements plus spacieux, une mobilité professionnelle en baisse. Le parc immobilier existant est utilisé de manière moins efficace.

La bonne réponse, c'est d'augmenter l'offre : accélérer la délivrance des permis, densifier les constructions, dynamiser les sites à développer et raccourcir les procédures. Il faut aussi changer de mentalité en matière de construction. Une Suisse de dix millions d’habitants ne constitue pas une menace pour l’aménagement du territoire, mais un défi de conception. Des quartiers « 15 minutes », des bâtiments à énergie positive, de nouveaux concepts de mobilité : tout cela se construit déjà aujourd’hui, à Rotkreuz, à Hambourg, à Copenhague. Ce n’est pas de terrains qu’il manque, mais de sécurité pour les investissements.

Les objectifs sociaux peuvent être atteints de manière plus précise : construction de logements à but non lucratif, aides au logement ciblées, règles d'aménagement du territoire offrant des rendements prévisibles. La contre-proposition à l'initiative de Zurich va dans ce sens.

La pénurie de logements est bien réelle. C'est précisément pour cette raison qu'il ne faut pas y répondre par des mesures politiques purement symboliques. Un plafonnement des loyers ne crée pas un seul mètre carré de logement supplémentaire. Il alourdit les coûts administratifs, ralentit les travaux de rénovation et fait peser la pénurie sur ceux qui n'ont pas encore de logement. Ce qui ressemble à une mesure de protection n'est en réalité qu'une gestion de la pénurie sous un label social.

Les plafonds de loyer ne résolvent pas la pénurie de logements en Suisse : ils ne font que l'aggraver. Pourquoi la réforme des permis de construire et la sécurité des investissements constituent les bonnes réponses à la crise du logement.

Lire l'intégralité de l'article d'opinion dans FuW

LINDEMANNLAW accompagne les investisseurs, les propriétaires et les promoteurs immobiliers dans leurs démarches d'obtention de permis, en matière de réglementation sur la protection du logement et dans le cadre de projets immobiliers garantissant un retour sur investissement. Discutez de votre situation avec notre équipe : nous allions expertise juridique, fiscale et immobilière. Contactez-nous dès aujourd'hui.

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Les plafonds de loyer ne résolvent pas la pénurie de logements. Ils permettent simplement de la gérer.